60e anniversaire de la BCEAO : « Les Banques Centrales dans un monde en mutation » en débat

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Dans le cadre des festivités des 60 ans, il a été organisé un Symposium international du 60e anniversaire de la BCEAO qui a connu la présence des responsables financiers de l’Afrique du reste du monde. « Les Banques Centrales dans un monde en mutation » c’est le thème central du symposium.  C’est au Centre international des conférences Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), à Dakar (Sénégal) que le symposium a été lancé en présence du Premier ministre du Sénégal, Amadou Bâ, représentant le président Macky Sall, du Vice-Président de la Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, du Gouverneur de la Banque Centrale, Jean-Claude Kassi Brou. Le thème centrale de la célébration est décliné en des sessions sur des thèmes qui sont : Session 1 : « Politique monétaire et gestion des chocs » ;  Session 2 : « Stabilité financière, vulnérabilités et risques émergents » ;  Session 3 : « Digitalisation et inclusion financière : quels leviers pour une utilisation accrue des services financiers ? ». Le panel du symposium était présidé par Monsieur Jean-Claude Kassi BROU, Gouverneur de la BCEAO. Au lancement du symposium, le gouverneur de la BCEAO a remercié les  membres des organes de la BCEAO, les Présidents des Associations Professionnelles des Banques et Établissements Financiers ainsi que les représentants du Patronat des Etats membres de l’Union. Il a également remercié la présence à ce symposium de ses collègues Gouverneurs de Banques Centrales d’Algérie, du Cap-Vert, des Etats de l’Afrique Centrale, d’Haïti, du Libéria, du Maroc, du Mozambique, du Portugal et de Sierra Leone, ainsi que des Vice-Gouverneurs de la Banque Centrale des Comores, de la Guinée, du Rwanda et de la Tanzanie et les représentants de La France, le Ghana et la Mauritanie.  Pour le gouverneur Jean-Claude Kassi BROU, « la Banque Centrale a toujours su relever les défis aux différentes époques pour lui permettre de poursuivre sa marche au service des Etats et des populations; ; soit l’africanisation et la formation des cadres, la modernisation des instruments de politique monétaire et des systèmes et moyens de paiement, le renforcement de la supervision bancaire, le développement des infrastructures financières et du marché des titres publics, ainsi que la gestion de nos réserves de change. La Gouvernance n’a pas été en reste avec la création notamment des comités de politique monétaire et d’audit ainsi que l’adoption des normes IFRS. En 2020, lors de la crise de la Covid, la Banque a ajusté ses instruments pour assurer la liquidité du système bancaire nécessaire pour accroître le financement des économies et contribuer ainsi à la relance. »  Il a indiqué que l’organisation du symposium est de tourner les regards vers l’avenir au vu des nombreux défis actuels.  « Il y a dix ans, aucune analyse n’avait prédit l’occurrence de la pandémie de Covid-19, avec ses effets négatifs sur l’économie mondiale, les chocs inflationnistes qui s’en sont suivis, ni le conflit entre la Russie et l’Ukraine dont nous subissons les conséquences aujourd’hui. De même, personne n’avait anticipé la crise sécuritaire sans précédent que connaît notre sous-région depuis quelques années. En outre, le déferlement de la vague technologique bouleverse l’univers de la finance et appelle à toujours plus de créativité. Cette évolution est en passe de nous faire franchir une nouvelle étape. Certains anticipent déjà une dématérialisation de la monnaie dont les conséquences possibles sur l’action des banques centrales sont encore à l’étude. Comment ne pas s’interroger sur la transmission de la politique monétaire, sur le contrôle prudentiel et les implications d’un nouveau paysage des paiements qui se dessine à grands traits, sur la nécessaire coordination entre les politiques monétaires et budgétaires dans ce contexte inflationniste ? Comment entrevoir la régulation et la supervision dans un tel environnement ? Comment stimuler davantage un financement sain des économies pour tous les acteurs et accroître l’inclusion financière ? C’est justement pour réfléchir à toutes ces questions que nous avons fait le choix d’inviter des participants aux profils divers, en vue de partager les réflexions et expériences. Nul doute que ces échanges généreront des idées novatrices », a conclu le gouverneur Jean-Claude Kassi BROU. Dans son allocution le représentant du chef de l’État sénégalais Macky Sall, le Premier ministre Amadou Bâ dira que cette rencontre est « une opportunité d’échanger sur les défis que doit relever notre Banque Centrale commune pour demeurer un acteur clé au service du développement économique et social de nos pays ».


Le vice-président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné s’est réjoui, pour sa part, de la tenue de ce symposium qui est de nature à apporter des réponses pertinentes aux défis auxquels font face les banques centrales. « Ce symposium en créant une opportunité de réflexion féconde sur les défis de la politique monétaire vient donc à son heure pour contribuer à l’éclairage des décisions face aux nombreuses préoccupations de premier plan qui se posent », a indiqué le vice-président de la Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné.
Pour l’ancien Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), « la période que nous traversons est marquée par un certain nombre de mutations d’ordre technologique d’abord, mais aussi par de fortes inquiétudes sécuritaires et climatiques. Et il en découle des ruptures dans l’activité économique et dans le comportement des populations ».

Par Abdul Wahab ADO 

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